Poïkilorgue

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Poïkilorgue
Orgue expressif varié
Image illustrative de l'article Poïkilorgue

Variantes historiques Accordéon, physharmonica, harmoniflûte
Classification Vents, claviers
Famille Orgue
Instruments voisins Harmonium
Tessiture Quatre octaves et demi d'ut à fa
Œuvres principales Robert le Diable, Giacomo Meyerbeer
Fantaisie brillante sur des motifs de «La Norma», Louis James Alfred Lefébure-Wély
Principaux facteurs Cavaillé-Coll, père et fils

Le poïkilorgue ou orgue expressif varié est un instrument de musique de la période romantique à clavier et à anche libre de la famille de l'orgue, précurseur de l'harmonium et inventé par Aristide Cavaillé-Coll en collaboration avec son frère et son père en 1830.

Caractéristiquesmodifier | modifier le code

L'accordéon, le physharmonica ou l'harmoniflûte sont ses prédécesseurs1. Il en diffère par la puissance du son augmenté ou diminué à volonté donnant ainsi la plus variée des expressions2. Les anches sont mises en vibration par l'intermédiaire du clavier et l'air est envoyé par des soufflets actionnés par des pédales3. Son clavier de quatre octaves et demi, d'ut à fa, permet de filer les sons du pianissimo au fortissimo de manière continue ou par sauts4.

Emploimodifier | modifier le code

Il est utilisé dans l'accompagnement des chanteurs, à la cinquième scène, lors de la représentation, dirigée le par Gioachino Rossini au Théâtre du Capitole de Toulouse, de l'opéra de Giacomo Meyerbeer, Robert le Diable, premier opéra à avoir introduit une partie d'orgue5.

Louis James Alfred Lefébure-Wély publie en 1839 puis en 1841 une Méthode théorique et pratique pour le Poïkilorgue (orgue expressif) suivie de plusieurs morceaux appropriés à toutes les ressources de l'instrument6. Il compose vers 1840 une Fantaisie brillante sur des motifs de « La Norma », op. 7, d'après Vincenzo Bellini, dédiée à Pierre-Joseph-Guillaume Zimmerman et une Fantaisie pour Poïkilorgue en mi bémol majeur avec accompagnement de piano dédiée à Louis-Antoine Jullien7 puis, en 1855, une Grande Fantaisie de concert pour piano et orgue expressif sur des motifs de Robin des bois de C. M. Weber d'après Der Freischütz de Carl Maria von Weber8.

Piano-poïkilorguemodifier | modifier le code

L'ajout d’un jeu expressif à anches libres (hautbois) agissant sur les trois dernières octaves d'un piano à queue fait du piano-poïkolorgue un instrument de salon. Son étendue de trois octaves court depuis le deuxième fa du piano jusqu'au cinquième compris9. La fabrication de ces instruments est accélérée par une autre invention d'Aristide Cavaillé-Coll, l'adaptation d'une scie circulaire à cet usage, deux fois primée, le 7 mars 1833 par l'Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse puis par une mention spéciale et une médaille2 de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale10. Le rapport de la section musique de l'Académie des beaux-arts composée à l'Institut par Luigi Cherubini, Ferdinando Paër, François-Adrien Boieldieu, Jean-François Lesueur, Daniel-François-Esprit Auber et Henri-Montan Berton, mentionne l'avantage ajouté à la facture des pianos représenté par le fait d'avoir donné aux pianistes avec des moyens aussi simples la possibilité de chanter avec expression en soutenant les sons et d'exprimer ainsi toutes les nuances de l'art musical2. L'un des pianos-poïkilorgues fabriqués dans les ateliers de la rue Notre-Dame-de-Lorette est présenté à l'Exposition de 1839 et fait à cette occasion l'objet d'une publication11. En échange du soutien financier d'Henri Place12, plusieurs de ces instruments alors en vogue sont placés en gage chez des amis du peintre et banquier13.

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. « Les grandes inventions. De l'orgue expressif à l'harmonium », Michel Dieterlen, media.citedelamusique.fr.
  2. a, b et c Édouard Foucaud et Charles Dupin et Adolphe Blanqui (dir.), Les Artisans illustres, Paris, Gaudin, , 643 p. (notice BnF no FRBNF30112500, lire en ligne).
  3. Définition de l'harmonium employée pour le poïkilorgue, data.culture.fr.
  4. Exposition publique des produits de l'industrie française, Notice des produits de l'industrie française : précédée d'un historique des expositions antérieures et d'un coup d'oeil général sur l'exposition actuelle, Paris, Imprimerie d'Éverat, , 276 p. (notice BnF no FRBNF33384772, lire en ligne).
  5. « Aristide Cavaillé-Coll. Rossini », culture.gouv.fr.
  6. Louis James Alfred Lefébure-Wély, Méthode théorique et pratique pour le Poïkilorgue (orgue expressif) : suivie de plusieurs morceaux appropriés à toutes les ressources de l'instrument, Paris, Canaux et Nicou-Choron, (notice BnF no FRBNF43104024) et (notice BnF no FRBNF39758164).
  7. Louis James Alfred Lefébure-Wély, Fantaisie pour Poïkilorgue en mi bémol majeur avec accompagnement de piano (notice BnF no FRBNF39758070).
  8. Louis James Alfred Lefébure-Wély, Grande Fantaisie de concert pour piano et orgue expressif sur des motifs de Robin des bois de C. M. Weber, Paris, Régnier-Canaux, (notice BnF no FRBNF43103971).
  9. Hugues Dufourt et Joël-Marie Fauquet (dir.), Musique et médiations : le métier, l'instrument, l'oreille : séminaire d'histoire sociale de la musique, octobre 1988-décembre 1989, Paris, Klincksieck, coll. « Domaine musicologique ; 15 », , 299 p. (ISBN 2-252-02953-6, notice BnF no FRBNF35738988).
  10. « Aristide Cavaillé-Coll. La Société nationale d'encouragement à l'Industrie nationale », culture.gouv.fr.
  11. Cavaillé-Coll père et fils facteurs de grandes orgues, rue Notre-Dame-de-Lorette, n° 42, à Paris : Exposition de l'industrie en 1839, Paris, Imprimerie de Decourchant, (notice BnF no FRBNF43348699).
  12. « Aristide Cavaillé-Coll. Henri Place "l'artiste" », culture.gouv.fr.
  13. « Aristide CAVaillé-Coll (1811-1899) ou Itinéraire d'une entreprise à travers Paris », Loïc Métrope, historien de la Manufacture d'orgues Cavaillé-Coll musimem.com.

Liens externesmodifier | modifier le code