Opération Lava Jato

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L'opération Lava Jato (ou scandale Petrobras) est une enquête de la police fédérale du Brésil qui a commencé en mars 2014, concernant une affaire de corruption et de blanchiment d'argent impliquant notamment la société pétrolière publique Petrobras1,2. Elle est dirigée par le juge Sergio Moro3.

Sérgio Moro, le juge à l'origine de la révélation de l'affaire.

Les faits reprochés, inclus dans un système dit de Petrolão, incluent des commissions pour des personnalités politiques de toutes affiliations en échange de leur implication dans des contrats publics surfacturés. L'affaire concernerait un volume de près de 3,5 milliards de dollars. Scandale de corruption d'ampleur inédite, le petrolão a, dans ses premières phases, mené à l'emprisonnement des directeurs des entreprises OAS, IESA Óleo e Gás, Camargo Corrêa Construções, UTC et Construtora Queiroz e Galvão ainsi qu'un des ex-directeurs de Petrobras, Paulo Roberto Costa.

Les partis les plus concernés sont le Parti progressiste (droite), le Parti du mouvement démocratique brésilien (centre) et le Parti des travailleurs (gauche)4.

Chronologiemodifier | modifier le code

Au Brésilmodifier | modifier le code

Fin 2014, début 2015, les actions de la société pétrolière s'écroulent, suite de la révélation d'un scandale impliquant de nombreuses personnalités politiques5. Fin février, la société de notations financières Moody's place la dette de Petrobras, en « catégorie spéculative »6.

En mars 2016, l'un des procureurs du Lava Jato s'inquiète de tentatives d'interférences du gouvernement de Michel Temer dans son groupe de travail, mais reconnait à Dilma Rousseff de ne pas avoir tenté de contrôler les investigations7. Cette-dernière est néanmoins accusée de corruption8 et pour cette raison destituée par le Parlement, après de grandes manifestations dans le pays.

Le Guido Mantega, ancien ministre de Lula et de Dilma Rousseff, est arrêté9.

Le , dans le cadre du scandale, une enquête préliminaire est ouverte à l'encontre du nouveau président du Brésil Michel Temer10.

En novembre 2016, l'ancien sénateur Delcídio do Amaral du Parti des travailleurs, arrêté en novembre 2015 pour tentative d'obstruction de la justice et accusé d'avoir touché 10 millions de dollars de pots-de-vin par Alstom et qui a conclu un accord de collaboration avec la justice, remet un document de 254 pages qui accuse plusieurs personnalités de gauche comme de droite (Lula, Dilma Rousseff, Michel Temer ou encore Aécio Neves) d'avoir eu connaissance du système de financement illégal des partis politiques, en lien avec le scandale Petrobras11.

Le , le juge de la Cour suprême Teori Zavascki, chargé d’instruire pour les personnalités politiques en poste l’enquête dite « Lava Jato » meurt dans un accident d'avion.

Le , le journal brésilien O Globo accuse, enregistrement à l'appui, Michel Temer d'avoir ordonné le versement de pots-de-vin pour acheter le silence d’Eduardo Cunha, ancien président de la Chambre des députés, ce qui entraine des manifestations demandant sa destitution12. Le 18 mai, la Cour suprême ouvre une enquête pour obstruction à la justice et pour corruption passive13. Le 20 mai, il demande sans succès la suspension de l'enquête le visant14. Alors que Temer avait plusieurs fois refusé de quitter le pouvoir et que des motions de destitution avaient été émises par l'opposition, le ministre de la Culture et celui de la Ville démissionnent15,16. Le 25 mai, en réaction à une manifestation ayant rassemblé entre 25 000 et 100 000 personnes, Temer déploya l'armée puis la retira à la suite de critiques17. Le 31 mai, la Cour suprême autorise son interrogatoire par écrit18. En juin, le député Rodrigo Rocha Loures du PMDB, décrit comme étant un proche conseiller du président, est arrêté suite à la divulgation d'une vidéo le montrant prendre une valise de billets, apparemment liés à des pots-de-vin19. Le 10 juin, Temer refuse de répondre à ces questions et dénonce une « comédie » et « inquisition arrogante »20, après avoir été selon lui, malmené moralement par les policiers. Le , la revue Veja révèle dans son numéro du jour que les renseignements Abin auraient espionné Edson Fachin, rapporteur de l'affaire et qui avait ouvert une enquête à l'encontre du président de la République21, à la demande de Temer, ce que l'intéressé dément22.

Le , l'ancien président Lula est entendu par le juge Sergio Moro23.

L'ex-gouverneur de l'État de Rio de Janeiro Sergio Cabral, du parti de centre-droit PMDB, est condamné à 14 ans de prison en juin 2017 suite à l'une des plus retentissantes affaires de corruption. Le réseau de corruption qu'il dirigeait prévoyait le détournement « d'un pourcentage sur tous les travaux publics » effectués dans l'État de Rio, et dix de ses collaborateurs ont aussi été condamnés. En mars, une partie de cet argent rapatrié de comptes à l'étranger avait permis de payer près de 150.000 retraités de la fonction publique24.

Le , le Folha de S. Paulo révèle qu'il aurait fait rénover avec des pots-de-vin la maison de sa fille, par l'intermédiaire d'un ex-colonel présenté comme son « homme de paille » pour la réception des pots-de-vin de la multinationale JBS25. Le patron de cette dernière, Joesley Mendonça Batista l'accuse d'être à la tête de la « plus dangereuse organisation criminelle du pays »26.

le , on apprend que le juge , membre de la Cour suprême et du Tribunal électoral, serait l'actionnaire d'un groupe ayant touché des pots-de-vin de JBS27.

Le 26 juin, la justice accuse formellement Temer de ce chef d'accusation28. Il qualifie alors les accusations dont il fait l'objet de « fiction » et dénonce l'absence de « preuves concrète », ajoutant qu'il « s'agit d'une attaque injurieuse et infamante à ma dignité personnelle »29.

Le , Geddel Vieira Lima, ancien secrétaire général du gouvernement, est arrêté pour obstruction à la justice30.

Le , le rapporteur parlementaire préconise la mise en accusation de Temer31.

Le , l'ancien président Luiz Inácio Lula da Silva est condamné à neuf ans de prison pour corruption32.

Le , la justice gèles ses avoirs et saisit ses trois appartements, ses deux voitures et un terrain lui appartenant33.

Volet vénézuélienmodifier | modifier le code

Le , Henrique Capriles Radonski est jugé coupable d'« irrégularités administratives », durant sa gestion de l'État de Miranda entre 2011 et 2013, par le Tribunal suprême de justice. Il est condamné à quinze ans d'inéligibilité34.

Selon le Wall Street journal, Henrique Capriles Radonski aurait touché trois millions de dollars d'Odebrecht, ce qu'il nie35.

Référencesmodifier | modifier le code

  1. Brésil : le scandale Petrobras emporte la direction du géant pétrolier, rfi.fr, .
  2. (pt) « Lava Jato aperta cerco contra PT, PMDB e empreiteiras ».
  3. (en) David Segal, « Petrobras Oil Scandal Leaves Brazilians Lamenting a Lost Dream », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne).
  4. « O Globo - A lista de investigados da Lava-Jato no STF », sur infograficos.oglobo.globo.com.
  5. Au Brésil, le scandale Petrobras fragilise le pouvoir, La-Croix.com, .
  6. Brésil : le tentaculaire scandale de corruption Petrobras, challenges.fr, .
  7. João FilhoJoão Filho2016-11-13T12:00:33+00:00, « A Operação Estanca Sangria do governo Michel Temer », sur The Intercept.
  8. « Brésil : Dilma Rousseff accusée de corruption dans le dossier Petrobras », lesechos.fr, .
  9. « Brésil : l'ex-ministre des Finances de Lula et Rousseff arrêté », sur lefigaro.fr.
  10. « La Cour suprême brésilienne autorise une enquête sur le président Michel Temer », sur Le Monde, (consulté le 25 septembre 2016).
  11. Anne Vigna, « Lula face à la justice brésilienne », Le Figaro, samedi 26 / dimanche , page 6.
  12. http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2017/05/18/au-bresil-le-president-temer-eclabousse-par-de-nouvelles-revelations_5129489_3222.html.
  13. « Brésil: la Cour suprême ouvre une enquête sur le président Temer - Amériques - RFI », sur RFI (consulté le 31 mai 2017).
  14. « Brésil: le président Michel Temer veut la suspension de l’enquête qui le vise - Amériques - RFI », sur RFI (consulté le 31 mai 2017).
  15. Le Point, magazine, « Brésil: le président Temer tente de limiter la casse », sur Le Point (consulté le 31 mai 2017).
  16. ome, « Au Brésil, le président Temer cherche à se maintenir au pouvoir », sur Le Figaro (consulté le 31 mai 2017).
  17. « Brésil : le gouvernement met fin au déploiement de l’armée dans la capitale », sur Le Monde, (consulté le 31 mai 2017).
  18. ome, « Brésil: la justice autorise l'interrogatoire du président Temer », sur Le Figaro (consulté le 31 mai 2017).
  19. « Brésil : un proche conseiller de Temer incarcéré », AFP,‎ (lire en ligne).
  20. ome, « Brésil: Temer sauve son mandat devant la justice », sur Le Figaro (consulté le 10 juin 2017).
  21. « Temer, un président en sursis », sur Valeurs Actuelles (consulté le 12 juin 2017).
  22. ome, « Temer nie toute ingérence dans la justice », sur Le Figaro (consulté le 14 juin 2017).
  23. « Scandale Petrobras: face-à-face très attendu entre Lula et le juge Sergio Moro », sur RFI, .
  24. « Brésil: un ex-gouverneur de Rio condamné à 14 ans de prison », AFP,‎ (lire en ligne).
  25. Le Point, magazine, « Brésil: nouveaux éléments dans l'enquête contre Temer », sur Le Point (consulté le 15 juin 2017).
  26. « Brésil: Le président Temer accusé de commander la "plus dangereuse organisation criminelle du pays" » (consulté le 17 juin 2017).
  27. « Au Brésil, la justice rattrapée par le scandale politique », sur La Libre Belgique (consulté le 19 juin 2017).
  28. « Brésil : le président Michel Temer formellement accusé de corruption », sur Le Figaro (consulté le 28 juin 2017).
  29. « Temer: les accusations de corruption sont «une fiction» », sur Le Figaro (consulté le 28 juin 2017).
  30. Claire Gatinois, « Brésil : un ancien ministre de Michel Temer emprisonné », sur Le Monde, (consulté le 5 juillet 2017).
  31. « Brésil : rapport parlementaire en faveur d'un procès du président », sur LExpress.fr (consulté le 11 juillet 2017).
  32. « Brésil : l’ancien président Lula condamné à neuf ans et demi de prison pour corruption », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  33. « Brésil : la justice bloque des comptes et saisit des biens de l’ex-président Lula », sur Le Monde, (consulté le 20 juillet 2017)
  34. (es) « Contralor venezolano inhabilitó a Capriles para postularse a cargos públicos por 15 años », sur noticiasrcn.co, (consulté le 8 avril 2017).
  35. « El escándalo de la brasileña Odebrecht sepulta varios sueños en Venezuela », Wall Street Journal,‎ (lire en ligne).

Voir aussimodifier | modifier le code

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Articles connexesmodifier | modifier le code