Luiz Inácio Lula da Silva

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Luiz Inácio Lula da Silva
Portrait officiel de Luiz Inácio Lula da Silva en 2007.
Portrait officiel de Luiz Inácio Lula da Silva en 2007.
Fonctions
Ministre d'État
Chef de cabinet du président de la République fédérative du Brésil

(1 jour)
Président Dilma Rousseff
Prédécesseur Jaques Wagner
Successeur Eva Chiavon (intérim)
Eliseu Padilha
Président de la République fédérative du Brésil

(8 ans)
Élection
Réélection
Vice-président José Alencar Gomes da Silva
Prédécesseur Fernando Henrique Cardoso
Successeur Dilma Rousseff
Député fédéral du Brésil
pour São Paulo

(5 ans)
Président du Parti des travailleurs

(14 ans, 8 mois et 5 jours)
Prédécesseur Parti créé
Successeur Rui Falcão
Biographie
Nom de naissance Luiz Inácio Ferreira da Silva
Date de naissance (71 ans)
Lieu de naissance Caetés, Pernambouc (Brésil)
Nationalité brésilienne
Parti politique Parti des travailleurs
Conjoint Maria de Lourdes da Silva (1969-1971)
Marisa Letícia Lula da Silva (1974-2017)
Profession Ouvrier métallurgiste
Religion Catholicisme romain
Résidence São Bernardo do Campo

Signature de Luiz Inácio Lula da Silva

Luiz Inácio Lula da Silva
Présidents de la République fédérative du Brésil

Luiz Inácio Lula da Silvaaudio, plus connu sous le nom de Lula, né le , est un homme d'État brésilien, président de la République de 2003 à 2011.

Ouvrier métallurgiste de profession, il participe à la fondation du Parti des travailleurs, mouvement d'inspiration socialiste. Il se présente sans succès aux élections présidentielles de 1989, 1994 et 1998.

Il l'emporte finalement en 2002 et prend ses fonctions de président de la République fédérative du Brésil le 1er janvier 2003. Il met en place des programmes sociaux d'importance et améliore sensiblement la situation économique. Après avoir été réélu en 2006, il ne peut se représenter pour un troisième mandat consécutif et voit sa chef de cabinet, Dilma Rousseff, lui succéder en 2011.

En 2016, alors qu'il est soupçonné de corruption et de blanchiment d'argent, il est nommé par Dilma Rousseff ministre d'État et chef de cabinet de la présidence de la République, mais cette nomination controversée est suspendue par la justice. L'année suivante, Lula est condamné à neuf ans et demi de prison pour corruption dans l'affaire Petrobras, une première pour un ancien président au Brésil.

Originesmodifier | modifier le code

Fils d'Aristides Inácio da Silva et d'Eurídice Ferreira de Mello, il reçoit, à sa naissance (selon la tradition des pays lusophones), comme double nom l'un des deux noms de sa mère (Ferreira) suivi de l'un des deux noms de son père ([da] Silva). Il est donc déclaré à sa naissance comme Luiz Inácio Ferreira da Silva. Surnommé « Lula », diminutif affectueux de « Luiz » - Lula signifie également calamar - il intègre officiellement ce surnom à son nom de famille en 1982 sur les registres de l'état civil, omettant désormais le nom de sa mère, son nom complet devenant ainsi Lula da Silva. Son surnom officialisé sert à le désigner de façon abrégée, le patronyme (da) Silva étant extrêmement courant. C'est traditionnellement ce dernier qui se transmet en tant que nom de famille, mais les enfants du président brésilien portent désormais le patronyme Lula da Silva, en dehors de sa première fille, née d'une relation hors mariage.

Il est né dans le village de Caetés dans l'État du Pernambouc. Il est le septième et avant-dernier enfant d'une famille modeste. Fuyant la misère de la campagne de sa région natale du Nordeste, son père part s'engager comme docker dans le grand port de Santos à 72 km de São Paulo.

Jeunessemodifier | modifier le code

Alors qu'il a sept ans, sa mère (qui élevait seule les huit enfants) décide de rejoindre son mari. Arrivés dans la grande ville, ils s'aperçoivent qu'il a fondé un autre foyer, et elle se retrouve seule pour tenter de survivre. Tous les enfants sont mis à contribution, et le petit Lula quitte l'école à 10 ans pour des petits travaux dans la rue (cireur de chaussures, vendeur de cacahuètes).

À 14 ans, il devient tourneur dans une usine automobile de São Bernardo do Campo, puis ouvrier métallurgiste. C'est lors de l'exercice de ce dernier des métier qu'il perdra un doigt, l'auriculaire gauche, dans une machine1.

Carrière syndicalemodifier | modifier le code

Dans les années 1960, le Brésil connaît un boom économique, mais qui ne profite pas à la classe ouvrière. Lula se syndicalise et se radicalise ; ses talents de tribun et de négociateur sont remarqués. En 1975, il devient président du syndicat de la métallurgie, et devient une figure du syndicalisme brésilien, avec son épaisse barbe noire et ses cheveux toujours en bataille.

Ses prises de position lui valent alors quelques brefs séjours en prison, sous le régime militaire. Lula raconte[Où ?] par exemple que quand il s'est fait emprisonner pour la première fois, il a eu peur d'être « liquidé » par le pouvoir en place alors que son arrestation n'était pas officielle. Mais Frei Beto avait assisté à son arrestation chez lui et avait appelé Dom Paulo. Ainsi, il put entendre à la radio « le président du syndicat vient d'être fait prisonnier à São Bernardo »2.

Débuts en politiquemodifier | modifier le code

Luiz Inácio Lula da Silva, alors député.
Luiz Inácio Lula da Silva, en novembre 2003 au Mozambique. Discute avec des petites filles.

Il décide de passer du syndicalisme à la politique en 1980 en fondant le Parti des travailleurs (Partido dos Trabalhadores), à une époque où le général João Figueiredo préparait lentement le pays au retour de la démocratie.

En 1982, il est une première fois candidat au poste de gouverneur de l'État de São Paulo, puis il commence à constituer ses propres réseaux d'influence en faisant élire ou nommer des militants de son parti dans les mairies, au parlement et dans les sphères des affaires de l'État.

En 1985, d'immenses manifestations populaires obligent le général João Figueiredo à rendre le pouvoir, et un civil, Tancredo Neves est élu président de la République, mais meurt 4 mois après son élection. Le vice-président José Sarney le remplace à la présidence et il impose un programme d'austérité économique et introduit une nouvelle monnaie pour tenter de contenir une inflation galopante qui se montera à 1000 % en 1989.

En 1986, Lula est élu député et rentre au Congrès. Il participe à la Constitution, mais renonce peu après.

Le 5 octobre 1988, une nouvelle Constitution plus démocratique est promulguée en remplacement de celle de 1969. Elle établit un régime présidentiel et le suffrage universel avec vote obligatoire. Elle met en place un Sénat (81 sénateurs élus pour huit ans), et une Chambre des députés (503 députés élus pour quatre ans).

En décembre 1989, se déroulent les premières élections démocratiques depuis trente ans. Lula se présente pour la première fois à la présidence de la République. À cette occasion, il décide de changer son image pour avoir plus de chance de réussite : il taille sa barbe et se fait refaire les dents. Cependant, il perd face à Fernando Collor de Mello, qui devient le premier président de la République réellement élu par le peuple après 1960.

En 1994, le Brésil met en œuvre un nouveau plan d'austérité économique pour pallier les conséquences de la récession mondiale. Lula se présente une deuxième fois à la présidence. Fernando Henrique Cardoso est élu président de la République avec 54,3 % des suffrages exprimés, contre 27 % à Lula.

De violents affrontements éclatent entre 1995 et 1996 entre les propriétaires terriens et les sans-terres. Le président Fernando Henrique Cardoso fait alors redistribuer 1 000 km2 de terres de riches domaines privés pour les donner à plus de 3600 familles pauvres, et autorise la reprise de terres attribuées aux Indiens.

En 1998, Lula se présente une troisième fois à la présidence, mais il est battu dès le premier tour. Son échec peut s'expliquer par un discours perçu comme trop radical et par la forte popularité du gouvernement sortant, qui bénéficie notamment d'une bonne situation économique.

Présidence de la Républiquemodifier | modifier le code

Premier mandatmodifier | modifier le code

Portrait officiel de Lula en 2003.

Le 27 octobre 2002, Lula est élu président à l’élection présidentielle. Il prend ses fonctions le 1er janvier 2003.

Premier président brésilien de gauche, chantre de la démocratie participative expérimentée à Porto Alegre, il ne remet pas en question la rigueur budgétaire des années précédentes, mise en œuvre par son prédécesseur, Fernando Henrique Cardoso, et accepte le code de conduite du Fonds monétaire international (FMI). Il est confronté à la difficulté de mettre en œuvre ses ambitions et aux espoirs qu'il a soulevés auprès de ceux qui l'ont soutenu et espèrent de lui des emplois, des écoles, une couverture sociale généralisée, l'amélioration du service public de l'éducation et de la santé.

Bénéficiant d'une large popularité, Lula poursuit la politique exigée par le FMI tout en militant, avec l'Argentine, pour un assouplissement. Il choisit comme ministre de l'Économie Antonio Palocci, ancien trotskiste converti à l'économie du marché, pour renforcer la crédibilité du Brésil et attirer les investissements étrangers.

Cependant, dans les rangs du PT autant que dans les populations des favelas, du Nordeste et dans les usines, l'impatience gronde, les méfiances s'accumulent et les premiers mouvements sociaux se font jour, menés par le Mouvement des sans-toit et le Mouvement des sans-terre. Beaucoup estimaient, fin 2003, que Lula devait commencer à mettre en œuvre ses promesses électorales. Fin 2003, les objectifs fixés par le FMI ayant été atteints, Lula annonce que la période de rigueur est arrivée à son terme. La reprise économique se confirme au Brésil à la fin du premier semestre 2004, avec l'augmentation de la production industrielle et la baisse du chômage. En 2004, il lance le programme des « pharmacies populaires », destinées à rendre accessible aux plus défavorisés les médicaments jugés essentiels. En 13 ans d'existence du programme (supprimé par le gouvernement conservateur de Michel Temer en 2017), 43 millions de Brésiliens en bénéficieront3.

Très populaire parmi les Brésiliens vivant en ville, Lula l'est beaucoup moins chez les Amérindiens4, notamment en raison de son accord à la construction du barrage de Belo Monte, qui provoquera la déforestation d'une partie de la forêt amazonienne et la destruction des habitats des tribus vivant à proximité5,6. Il suscite également la méfiance des médecins, des petits chefs d'entreprise et d'une partie de la classe moyenne7.

Second mandatmodifier | modifier le code

Luiz Inácio Lula da Silva et son épouse, Marisa Letícia Rocco Casa.
Lula et Nicolas Sarkozy, en 2007.

Briguant un second mandat lors de l'élection présidentielle de 2006, Lula part largement favori face à Geraldo Alckmin, le candidat d'union du Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB). Selon les sondages, l'action de Lula est jugée positivement pour son action contre la faim et la pauvreté, mais parait plus mitigée dans les domaines de la violence et de la corruption.

Geraldo Alckmin dépose, le 19 septembre 2006, un recours auprès du Tribunal supérieur électoral visant à déclarer Lula inéligible pour avoir « bénéficié d'actes d'abus du pouvoir » dans une affaire dans laquelle deux membres du PT sont arrêtés en septembre 2006 en possession de l'équivalent de 630 000 euros destinés à payer des photos et une vidéo truquées mettant en cause Geraldo Alckmin. L'affaire implique également le ministre de la Justice, Márcio Thomaz Bastos. Mais Geraldo Alckmin est débouté de sa demande.

Cette campagne est principalement marquée par la plus grosse affaire de corruption étant jusqu'ici intervenue au Brésil, à savoir le scandale des mensualités (escândalo do Mensalão), un système de détournement de fonds publics pour l'achat de votes et de soutiens de parlementaires au cours des premières années du gouvernement Lula (entre 2003 et 2005). Le scandale touche l'ensemble la direction du Parti des travailleurs, poussée à la démission, tandis que Lula doit remplacer son ministre des Finances, Antonio Palocci. Le nom de Lula est évoqué, mais il ne sera pas poursuivi pénalement. En 2012, la Cour suprême du Brésil reconnaitra l'existence de ce système8 et condamnera 25 personnalités liées à des partis de la coalition gouvernementale au pouvoir (dont le chef de cabinet de Lula, un ancien président du Parti des travailleurs, un ancien trésorier du PT) et accusées d'avoir reçu des pots-de-vin en l'échange de leur soutien politique à la gestion de Lula9.

Le , après un résultat de premier tour jugé décevant, Lula est réélu au second tour avec 60,8 % des suffrages. Il promet que « sous [son] gouvernement, les pauvres seraient traités comme des êtres humains. » À l'été 2007, il débloque 2,6 milliards d'euros pour améliorer les conditions de vie dans les favelas (collecte d'eaux usées, raccordement à l'eau potable, à l'électricité, goudronnage des principales voies d'accès). La priorité est donnée aux grandes agglomérations urbaines, où les problèmes de logement et de violence sont cruciaux. Plus de 12 millions de Brésiliens vivent alors dans des favellas, en périphérie des villes, et seulement 53 % des domiciles brésiliens sont raccordés aux égouts.

Il remplace son ministre de la Défense, Waldir Pires, par l'ancien député du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB) et président du Tribunal suprême fédéral Nelson Jobim en juillet 2007, à la suite de la crise de l'aviation (en), due notamment au manque d'investissement concernant le contrôle aérien.

Investiture de Dilma Rousseff, le 1er janvier 2011.

De confession catholique, Lula da Silva se prononce en faveur de la légalisation de l'avortement, suscitant l'opposition du Vatican, le pape Benoît XVI déclarant alors que de tels partis pris valaient excommunication immédiate de l'Église romaine10. Il se déclare également favorable à la légalisation du mariage homosexuel11.

Il signe, le , le décret lançant le troisième programme national des droits de l'homme, qui prévoit l'adoption de quelque 500 mesures et le vote de 27 lois nouvelles, ainsi que la création d'une Commission de réconciliation concernant la période de la dictature militaire (1964-1985)12. L'armée s'est opposée à la création de cette commission, deux des trois commandants militaires ayant menacé de démissionner, conjointement avec le ministre de la Défense Nelson Jobim13. Le ministre chargé du Secrétariat des droits de l'Homme, Paulo Vannuchi, ami de 30 ans de Lula, a lui aussi menacé de démissionner si le Programme des droits de l'Homme était vidé de son contenu. On estime à environ 400 le nombre de victimes (morts et disparus) de la dictature, aucun procès n'ayant eu lieu jusqu'à présent, contrairement aux autres pays du Cône sud affectés par la « guerre sale »13.

Alors qu'il ne peut briguer un troisième mandat consécutif, sa chef de cabinet et « protégée » Dilma Rousseff lui succède le . Au vu de sa popularité, l'hypothèse que Lula retrouve la présidence à l'issue du mandat de Rousseff est évoquée14. Désigné personnalité de l'année 2009 par le journal Le Monde, Lula est classé l'année suivante par le Time comme le dirigeant le plus influent au monde15. Si l'action de Lula a permis de sortir des millions de personnes de la pauvreté, ses opposants font valoir le fait qu'il a surtout bénéficié d'une croissance économique résultant des mesures prises par Fernando Henrique Cardoso et qu'il a pour ce faire massivement augmenté les dépenses publiques, ce qui pénalisera le Brésil après son départ de la présidence7.

Après la présidencemodifier | modifier le code

Problèmes de santémodifier | modifier le code

L'hôpital syro-libanais de São Paulo, annonce, en octobre 2011, que Lula est atteint d'une tumeur localisée dans le larynx et qu'il devra subir une chimiothérapie « sous forme ambulatoire16 ». En mars 2012, l'hôpital affirme que son cancer du larynx a connu une « rémission complète »17.

Retour éphémère au gouvernementmodifier | modifier le code

Dilma Rousseff avec Lula au palais présidentiel le 17 mars 2016, lors de l'investiture de celui-ci comme ministre d'État et chef de cabinet de la présidente de la République.

Le , Dilma Rousseff le nomme ministre d'État et chef de cabinet de la présidente de la République, la plus haute fonction du gouvernement.

Cette nomination entraine les huées de participants à son investiture au palais présidentiel et la protestation d'une grande partie de la classe politique brésilienne18. Une demi-heure après sa nomination, la justice suspend en référé sa prise de fonction, considérant que « Dilma Rousseff a commis un délit en nommant Lula ministre pour lui permettre d’échapper à la justice »19. Des tribunaux annulent ensuite ces ordonnances mais le lendemain, le 18 mars, un juge du Tribunal suprême fédéral confirme la suspension de l'entrée de Lula au gouvernement dans l'attente du verdict collégial définitif de la juridiction20. Un enregistrement téléphonique entre la présidente Rousseff et Lula rendu public par le juge Sérgio Moro deux jours plus tôt, le 16 mars, laissait clairement entendre qu'il y avait eu arrangement entre eux deux pour lui éviter la prison21.

Alors que Lula qualifie de « coup d'État » le processus de destitution de la présidente Dilma Rousseff, des chefs d'État sud-américains de gauche (Nicolás Maduro, Evo Morales, Michelle Bachelet et Rafael Correa) lui apportent leur soutien19,22,23. Pendant ce temps, à Brasilia et São Paulo, les manifestations se succèdent contre le gouvernement, avec parfois des violences24.

Le , le procureur préconise au Tribunal suprême d'annuler son entrée au gouvernement25. Le 20 du même mois, le Tribunal suprême reporte l'audience prévue pour statuer sur sa nomination26. Eva Chiavon assure l'intérim27. Après la suspension de Dilma Rousseff, le nouveau président intérimaire, Michel Temer, nomme Eliseu Padilha28, puis, après la destitution de la présidente, l'audience prévue est définitivement annulée.

Poursuites judiciaires et condamnationmodifier | modifier le code

Utilisation irrégulière de fonds publicsmodifier | modifier le code

Lula en visite au Chili, en novembre 2013.

En , le ministère public réclame l'ouverture d'une procédure contre lui pour utilisation irrégulière de fonds publics et sollicite le gel de ses avoirs. Lula est accusé d'avoir utilisé des fonds publics pour financer une campagne de promotion politique en 2004, pour un coût estimé à quatre millions d'euros29.

Scandale Petrobrasmodifier | modifier le code

Premières citationsmodifier | modifier le code

Début mars 2016, Delcídio do Amaral, sénateur du Parti des travailleurs et ancien chef de la majorité au Sénat, accuse Lula d'avoir « dirigé le système » de corruption et de blanchiment d'argent mis au jour dans le cadre du scandale Petrobras, touchant l’entreprise pétrolière publique Petrobras et les géants brésiliens du BTP, qui auraient formé un cartel pour se partager et surfacturer des marchés publics30,31. En contrepartie, des pots-de-vin auraient été versés à des partis de la coalition gouvernementale de centre gauche et auraient eu pour principal objectif de financer de façon occulte des campagnes électorales et de rémunérer illégalement des personnalités politiques32.

Le domicile de Lula dans la banlieue de São Paulo est perquisitionné le 4 mars 2016, sur ordre du juge fédéral Sérgio Moro33. Lula est ensuite arrêté et placé en garde à vue pendant trois heures34. Le procureur Carlos Fernando dos Santos Lima indique qu'il a reçu « beaucoup de faveurs » de grandes entreprises du bâtiment accusées dans cette affaire, notamment 30 millions de reais (7,3 millions d'euros) de dons et d'honoraires35 ; il cite principalement des travaux entrepris dans une maison de campagne et l’aménagement d’un triplex dont il dément être propriétaire. Le 11 mars, le parquet de São Paulo réclame sa détention provisoire pour blanchiment d'argent et falsification d'identité concernant la possession de son appartement36. Le procureur affirme que sa fondation, l’Institut Lula, a été en grande partie financée par ces entreprises37.

Tentative d'entrave à la justicemodifier | modifier le code

Le , Lula est inculpé dans le scandale Petrobras pour tentative d'entrave à la justice38. L'ancien président se défend d'avoir commis tout acte illégal et affirme qu'il s'agit d'une manœuvre de la justice visant à l'écarter de la course à la présidentielle de 201839.

Corruption passive et blanchiment d'argentmodifier | modifier le code

Le 26 août 2016, la police brésilienne inculpe Lula, ainsi que sa femme et trois autres personnes, pour corruption passive et blanchiment d'argent pour l'achat présumé d'un appartement et d'une maison de campagne de façon illicite40.

Le parquet demande son inculpation le 14 septembre 2016 ; le procureur Deltan Dallagnol précise que Lula était le « commandant suprême » de la structure de corruption liée au groupe public pétrolier et que « sans son pouvoir de décision, rien n’aurait été possible »41.

Le juge Sérgio Moro décide, le , d'instruire son procès pour corruption et blanchiment d'argent42.

Le 12 juillet 2017, Sérgio Moro le condamne à neuf ans et six mois de prison pour corruption passive et blanchiment d'argent43. Il est reconnu coupable d'avoir accepté 3,7 millions de reals, dont un appartement dans une station balnéaire, de la part de l’entreprise d’ingénierie OAS, en remerciement de son intervention pour l’attribution de contrats à Petrobras. C’est la première fois dans l’histoire du Brésil qu’un chef de l'État est condamné pour corruption44. Sur décision de Sérgio Moro, Lula reste en liberté en attendant la décision du tribunal fédéral régional de Porto Alegre, en seconde instance. Il ne renonce cependant pas à se présenter à la présidentielle de 201845.

Le 19 juillet 2017, la justice gèles ses avoirs et saisit ses trois appartements, ses deux voitures et un terrain lui appartenant46.

Autres poursuitesmodifier | modifier le code

La police fédérale brésilienne présente de nouveaux éléments l'accusant de corruption passive le 5 octobre 2016 : il est accusé d'avoir usé de son influence pour favoriser l'entreprise de construction Odebrecht dans des contrats en Angola en échange de pots-de-vin47. Cette entreprise aurait versé 20 millions de réais à l’entreprise Exergia, dont un des associés est Taiguara Rodrigues, un neveu de Lula ; selon les enquêteurs, ce dessous-de-table de 20 millions de réais serait directement revenu à Lula et à son neveu47.

Le lendemain, le 6 octobre, Lula est visé par une enquête pour appartenance à un « groupe criminel organisé » dans le cadre du scandale Petrobras48.

Entrave à la justicemodifier | modifier le code

Une nouvelle enquête est ouverte à son encontre et à l'encontre de la présidente suspendue, Dilma Rousseff, le , pour « entrave à la justice », au sujet de sa nomination comme chef de cabinet en mars de la même année49.

Défense et réactions de l'opinion publiquemodifier | modifier le code

Lula se dit victime d’un complot des « élites »50. En janvier 2017, douze députés américains du Parti démocrate dénoncent les méthodes du juge Moro et ce qu'ils considèrent être une persécution politique51.

Plus de 3,5 millions de personnes manifestent au Brésil le 13 mars 2016 pour réclamer le départ de la présidence de Dilma Rousseff et le jugement de Lula52. Alors que sa candidature est régulièrement évoquée en vue de l'élection présidentielle de 2018, un sondage réalisé par l'institut MDA indique que 70 % des Brésiliens jugent Lula corrompu53.

Décorationsmodifier | modifier le code

Le 27 septembre 2011, Sciences Po Paris lui remet le titre de Docteur honoris causa54. La même année, il reçoit le prix Lech-Wałęsa « pour avoir fait des efforts pour réduire les inégalités sociales, et avoir été l'avocat d'une compréhension pacifique et d'un partenariat entre les nations, en particulier en renforçant la position des pays en développement dans le concert des nations55. »

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. http://www.fsa.ulaval.ca/personnel/vernag/leadership/disk/Br%C3%A9sil_Ben%20Ameur.htm
  2. https://youtu.be/jVVZbP2V72M
  3. (pt) « Após 13 anos de sucesso, “Farmácia Popular” é extinta por Temer », sur PT (consulté le 13 juin 2017)
  4. http://www.survivalfrance.org/actu/2640
  5. http://www.zegreenweb.com/sinformer/barrage-de-belo-monte-lula-a-donne-son-accord,15699
  6. http://www.raoni.com/actualites-154.php
  7. a et b http://www.lepoint.fr/monde/bresil-l-affaire-lula-la-fin-d-un-cycle-21-03-2016-2026797_24.php
  8. http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2012/10/02/la-justice-bresilienne-confirme-un-systeme-d-achat-de-vote-sous-lula_1768565_3222.html
  9. http://www.lapresse.ca/international/amerique-latine/201311/14/01-4710733-corruption-au-bresil-des-proches-de-lex-president-lula-iront-en-prison.php
  10. « Benoît XVI met en garde la classe politique brésilienne sur l'avortement », sur boursier.com
  11. « Lula: un bilan globalement positif pour les LGBT du Brésil »,
  12. Jean-Pierre Langellier, Au Brésil, la mémoire des années de plomb revient sur le devant de la scène, Le Monde, 12 janvier 2010
  13. a et b Abogados:Brasil debe abrir los archivos de la dictadura, La República, 9 janvier 2010
  14. http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2013/01/25/au-bresil-lula-renonce-a-la-presidentielle-2014_1822568_3222.html
  15. (en) http://www.time.com/time/specials/packages/article/0,28804,1984685_1984864,00.html
  16. AFP avec leparisien.fr, Brésil : l'ex-président Lula lutte contre un cancer leparisien.fr, 29 octobre 2011.
  17. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/03/28/97001-20120328FILWWW00542-remission-complete-du-cancer-du-lula.php
  18. http://www.lemonde.fr/ameriques/video/2016/03/18/lula-hue-lors-de-sa-nomination-au-gouvernement-bresilien_4885662_3222.html
  19. a et b http://www.lapresse.ca/international/amerique-latine/201603/18/01-4962290-lula-nous-nallons-pas-accepter-un-coup-detat-au-bresil.php
  20. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/03/19/97001-20160319FILWWW00032-bresil-la-nomination-de-lula-suspendue.php
  21. http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20160318.OBS6672/marasme-politique-au-bresil-le-come-back-rate-de-lula-en-4-actes.html
  22. « Rafael Correa signale que l’empeachment contre Dilma est un précédent funeste pour la région », sur LATINO ACTU,
  23. (pt) « Dilma é elogiada por Michelle Bachelet, presidente do Chile - Brasil - RFI »,
  24. http://www.courrierinternational.com/article/bresil-chaos-politique-et-judiciaire-autour-de-dilma-et-lula
  25. « Le procureur du Brésil recommande l’annulation de l’entrée de Lula da Silva au gouvernement », sur Le Monde.fr (consulté le 12 avril 2016)
  26. Lefigaro.fr avec AFP, « Brésil: la Cour suprême repousse sa décision sur l'entrée de Lula au gouvernement », sur Le Figaro (consulté le 14 mai 2016)
  27. « Enfermeira Eva Chiavon assume chefia da Casa Civil », sur Cofen – Conselho Federal de Enfermagem (consulté le 14 mai 2016)
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  31. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/03/20/97001-20160320FILWWW00010-bresilpetrobras-le-gouvernement-annonce-une-plainte.php
  32. http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2015/03/09/comprendre-le-scandale-petrobras-qui-secoue-le-bresil_4590174_3222.html#mxB1XCIARO7EF70C.99
  33. Claire Gatinois, « Le juge Moro, ennemi juré de Lula, idole des Brésiliens », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  34. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/03/04/97001-20160304FILWWW00128-bresil-l-ex-president-lula-arrete-et-place-en-garde-a-vue.php
  35. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/03/04/97001-20160304FILWWW00190-lula-a-recu-beaucoup-de-faveurs-procureur.php
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  37. http://www.rfi.fr/afrique/20160304-bresil-garde-vue-lula-reagit-rousseff-denonce-interpellation-inutile
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  55. (en) Lauréats du prix Lech-Wałęsa.

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